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Pression anthropique : Les sols craquent
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Pression anthropique : Les sols craquent

4 avril
Pression anthropique : Les sols craquent

95% de notre nourriture provient directement ou indirectement de la terre. Pourtant, on estime aujourd’hui que la moitié des sols de la planète ont été dégradés à cause de l’activité humaine.

Le lundi 26 Mars, une centaine d’experts de 45 pays ont publié la première étude mondiale sur l’état des sols, à l’occasion de la 6ème session plénière de la plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystèmes (IPBES).

L’étude expose la gravité de la détérioration des sols en soulignant notamment que la moitié des zones humides de la planète ont disparu depuis le début du XXème siècle. En cause, l’agriculture intensive notamment celle du maïs et du soja, qui surexploite les capacités des sols en utilisant des engrais de synthèse non dégradables, contribuant à la pollution des terres mais également des nappes phréatiques.

Le sol est une ressource très faiblement renouvelable. En effet, il se fabrique sous l’effet de l’altération des roches par le climat, la végétation ou encore la pluie. Si le processus de dégradation est extrêmement rapide, celui de sa régénération peut prendre des centaines voire des milliers d’années.

Le sol abrite un micro-environnement extrêmement riche en minéraux, et nutriments grâce à l’intervention de milliards de micro-organismes. Cependant l’utilisation de pesticides et l’uniformisation des cultures entraînent un appauvrissement des minéraux et une disparition de cette faune microbienne, rendant peu à peu les sols secs et stériles.

Cette détérioration des sols est la première cause de disparition des espèces animales et végétales. La déforestation induit par ce phénomène empêche également le sol d’assurer sa fonction de stockage du carbone. Le CO2 repart ainsi dans l’atmosphère et participe à l’accélération du changement climatique.

Avec une population mondiale qui devrait dépasser les 9 milliards d’ici 2050, la sécurité alimentaire actuelle et future repose donc sur notre capacité à augmenter les rendements et la qualité de la nourriture en utilisant des sols qui sont déjà en surproduction.

Alors que le climat est devenu un enjeu politique majeur, la question de la biodiversité et notamment de la micro-biodiversité demeure un point aveugle du débat public. L’intégration de la valeur des sols dans la planification urbaine, le développement de l’agro-écologie et le développement d’une économie circulaire sont les clefs pour préserver nos sols.

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